Face aux interrogations et à la controverse suscitées par l’accord de partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, signé le 4 décembre dernier à Washington, le Gouvernement congolais a tenu à apporter des clarifications officielles.
Lors d’une conférence de presse tenue hier, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, s’est exprimé aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, également porte-parole du Gouvernement. Il a souligné le caractère strictement technique et non contraignant de cet accord.
« Il s’agit d’un accord-cadre, technique, qui définit les domaines de collaboration — économie et commerce, sécurité, gouvernance, éducation, sciences et technologies — sans céder la moindre mine ni attribuer le moindre contrat », a-t-il précisé.
Le VPM a insisté sur le fait que le document ne comporte aucune cession de ressources ni désignation d’investisseurs.
« Il n’y a dans ce document aucune liste de mines cédées, aucun investisseur désigné, aucun engagement de bradage des ressources », a-t-il martelé.
S’agissant de la suite du processus après la signature de l’accord, Daniel Mukoko Samba a annoncé la mise en place d’un comité conjoint de pilotage, organe central chargé de la gestion, du suivi et de la coordination du partenariat stratégique entre les deux pays.
Ce comité est composé de 10 membres, soit 5 représentants américains et 5 représentants congolais, chacun agissant selon les orientations de son gouvernement.
Côté américain, les représentants proviennent notamment du Département d’État, du Département du Trésor, du Département du Commerce et de deux autres agences fédérales.
Côté congolais, les membres sont issus du ministère de l’Économie, du ministère des Finances, du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Mines et de la Présidence de la République.
Chaque partie désigne un co-président : le représentant du Département d’État pour les États-Unis et le ministre de l’Économie pour la RDC.
Le comité conjoint se réunira de manière alternée, en présentiel ou à distance, entre la RDC et les États-Unis. La première réunion est prévue dans les 90 jours suivant l’entrée en vigueur de l’accord, soit au plus tard à la mi-mars 2026. Il aura pour mission de définir les priorités, d’assurer le suivi et de superviser la mise en œuvre des projets stratégiques retenus.
Conçu comme un partenariat à long terme, l’accord prévoit une révision tous les trois ans afin d’en améliorer certains aspects. En cas de retrait d’une des parties, un préavis écrit de cinq ans est exigé, garantissant ainsi la continuité des projets en cours et une planification responsable.
« le comité conjoint de pilotage constitue l’instance clé pour la coordination et le suivi des projets stratégiques, tandis que le préavis et les réunions régulières assurent la stabilité et la continuité du partenariat à long terme ».
Par ces précisions, le Gouvernement congolais entend rassurer l’opinion publique et réaffirmer sa volonté de défendre les intérêts stratégiques et la souveraineté économique de la RDC.

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