Le regroupement politique Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) et ses alliés ont exprimé, dans une déclaration politique, leurs fortes réserves vis-à-vis de l’accord préliminaire de paix signé le 18 juin 2025 à Washington par des experts de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda. Bien que l’initiative soit saluée pour sa volonté de rechercher la paix dans la région des Grands Lacs, le contenu et les implications de cet accord suscitent de vives préoccupations.

Une dynamique saluée, mais une méthode contestéePour le LGD, la recherche de la paix est une démarche à encourager, notamment pour son potentiel à renforcer l’inclusivité dans une région marquée par des décennies de conflits. Toutefois, la formation politique dénonce une approche superficielle qui occulte les causes profondes de la guerre en RDC, comme le pillage des ressources naturelles, la destruction de l’environnement et les massacres des populations civiles.
Selon leur analyse, l’accord ne propose ni mécanismes clairs de réparation, ni garanties concrètes. En outre, il semble exonérer le Rwanda de ses responsabilités en tant que pays agresseur, alors même que la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies l’avait reconnu comme tel.

Un accord aux conséquences lourdes pour la souveraineté nationaleLe LGD critique fermement les dispositions relatives à la coopération régionale et à l’intégration des groupes armés. Ces mesures, estiment-ils, portent atteinte à la souveraineté de la RDC en matière de défense et de sécurité, en plus d’exposer les ressources naturelles du pays à une exploitation sans contrôle.
Les signataires de la déclaration pointent également le risque que cet accord serve de précédent pour d’autres pays, ouvrant la voie à une possible balkanisation de la RDC. Ils accusent également le Rwanda et l’Ouganda de jouer un rôle de relais armés pour des puissances étrangères aux visées prédatrices.
Une paix imposée par la force et au profit d’intérêts étrangersL’accord, tel que soutenu par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), serait, selon le LGD, le fruit de pressions exercées par le Président de la République, dans une tentative de légitimer un processus de paix biaisé. Ce dernier consacre, selon eux, « une paix au bout du fusil », qui bénéficierait surtout aux régimes agresseurs, avides de ressources naturelles et de territoires à occuper.Pour le regroupement, cette démarche compromet les droits des populations congolaises et ne vise qu’à maintenir au pouvoir un régime en quête de légitimité, au détriment de l’intérêt national.
Des actes qui confirment les craintesÀ l’appui de leur déclaration, les signataires rappellent qu’à peine 24 heures après la rencontre entre le Président Félix Tshisekedi et les autorités ougandaises pour renouveler un protocole d’entente sur les opérations conjointes contre les ADF, le chef d’état-major général de l’armée ougandaise a qualifié les Wazalendo — groupes d’autodéfense congolais — de « forces négatives », promettant de les traquer.
Un geste interprété par le LGD comme une confirmation des menaces pesant sur la souveraineté nationale et sur les résistances locales face à l’ingérence militaire étrangère.
Le regroupement politique LGD et ses alliés appellent à une relecture critique de l’accord signé à Washington et à une mobilisation nationale pour défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et les intérêts fondamentaux du peuple congolais. Ils insistent sur la nécessité d’un dialogue véritablement inclusif et transparent, reposant sur les réalités du terrain et les aspirations légitimes du peuple congolais.
