Chasser le naturel, il revient au galop. Plus de deux mois après la suspension du comité Mbere par le Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Bemba, la gestion de la société publique de transport TRANSCO est plongée dans le flou. À la tête de cette entreprise, le Directeur Général intérimaire Sylva Bilambo, ancien employé d’une société indienne de produits cosmétiques, semble davantage préoccupé par la critique de ses prédécesseurs que par une réelle amélioration de la situation.
Dernière sortie médiatique en date : une intervention sur un média en ligne, connu pour ses pratiques douteuses, dans laquelle le DG a.i s’attaque une fois de plus au comité Mbere, tout en avançant des chiffres qui ne résistent pas à l’analyse. En particulier, sa prétendue baisse de la consommation de carburant à TRANSCO s’avère trompeuse.

Durant le mandat du comité Mbere, TRANSCO consommait 20 mètres cubes (soit 20.000 litres) de carburant par jour, en raison de la mise en circulation quotidienne de près de 250 bus. Depuis l’arrivée de Bilambo, ce nombre est tombé à une trentaine de bus par jour, conséquence directe d’une mauvaise gestion. Ce recul a entraîné l’incapacité de l’entreprise à assurer la paie des agents, forçant la direction actuelle à s’endetter à hauteur de plus de 3 milliards de francs congolais pour couvrir les salaires de février et mars.
Selon des experts du secteur, un bus parcourant 200 km consomme en moyenne 94 litres de carburant. Ce chiffre permet de justifier la consommation quotidienne sous le comité Mbere. En revanche, avec moins de 50 bus actuellement en service, même la consommation de 9.000 litres avancée par le comité Bilambo ne tient pas la route.

Autres signes inquiétants de cette dérive managériale : l’incapacité du comité Bilambo à approvisionner le centre de santé de TRANSCO en médicaments, un centre pourtant créé par le comité Mbere pour garantir une couverture médicale aux agents. Même constat pour la cantine sociale, également instaurée par le comité Mbere, aujourd’hui fermée suite à une mauvaise gestion.
Sur la question des cotisations sociales, Bilambo tente de réécrire l’histoire. Contrairement à ses affirmations, TRANSCO ne cotisait plus auprès de la CNSS depuis 2016, et c’est le comité Mbere qui avait relancé les discussions avec l’institution pour régulariser la situation.
Selon des sources internes à TRANSCO, les agitations du DG intérimaire et de sa collaboratrice KABEDI ODRA ont un seul objectif : détourner l’attention des agents du dossier explosif des 31 milliards de francs congolais de l’intervention économique, une dotation de l’État congolais obtenue grâce aux efforts conjoints du comité Mbere, de la délégation syndicale et des agents eux-mêmes, après de nombreux sit-in à la Primature et à l’Assemblée nationale.
Aujourd’hui, TRANSCO semble glisser inexorablement vers la faillite. La gestion actuelle peine à convaincre, et les inquiétudes des agents grandissent. Alors que les rideaux se lèvent peu à peu sur les vérités cachées, une chose est certaine : la transparence et la compétence doivent redevenir les piliers de cette entreprise stratégique.
