Pourquoi les opposants congolais soutiennent le dialogue des Églises (CENCO-ECC) et rejettent la consultation nationale et l’accord de paix de Washington ?

Alors que la République démocratique du Congo reste embourbée dans une crise politique, sociale et sécuritaire prolongée, un front uni de l’opposition remet en cause les initiatives du pouvoir en place, en particulier la consultation nationale lancée par le président Félix Tshisekedi et l’accord de paix de Washington.

Leur préférence va clairement à la médiation religieuse initiée par les Églises catholique et protestante, à travers la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et l’ECC (Église du Christ au Congo).

Une démarche perçue comme plus inclusive, impartiale et tournée vers l’intérêt national.

Une déclaration commune pour une solution congolo-congolaiseDans une déclaration commune aux accents de mise en garde, les principales figures de l’opposition – Moïse Katumbi (Ensemble), Joseph Kabila (FCC), Claudel Lubaya (Cadre de concertation), Seth Kikuni (Piste pour l’émergence), Franck Diongo (Mouvement radical pour le changement), Jean-Claude Vuemba (ABA/MPCR) et Delly Sesanga (Envol) – exigent un dialogue sincère entre Congolais, seul cadre qu’ils jugent légitime pour débattre des vraies causes de la crise.Selon eux, ce dialogue devrait s’inscrire dans la continuité de l’esprit de Sun City, qui avait permis la mise en place du pacte républicain inscrit dans la Constitution du 18 février 2006.

Ils réclament un processus transparent, ouvert, dirigé par des facilitateurs neutres, loin de toute tentative de manipulation politique.

Rejet du « dialogue alibi » du pouvoir

L’opposition dénonce un « dialogue faire-valoir » piloté par le régime de Tshisekedi, qu’elle accuse de vouloir occulter les vrais problèmes, relancer un projet avorté d’un gouvernement d’union nationale et renforcer ses propres intérêts au détriment de ceux du peuple congolais.

Ils estiment que ce type de manœuvres vise à détourner l’attention, à neutraliser les voix critiques et à confisquer l’agenda politique, sans jamais toucher aux questions fondamentales : élections crédibles, alternance démocratique, réforme de la gouvernance, lutte contre la corruption et la restauration de la paix, en particulier à l’Est du pays.

Accord de paix de Washington : un outil contesté

Bien que certains de ses points soient pertinents, l’accord de paix signé à Washington est vu par l’opposition comme un outil diplomatique à la légitimité contestée, car élaboré sans un véritable ancrage dans les réalités congolaises ni consultation des forces politiques internes.

Pour les opposants, l’avenir du Congo ne peut se décider à l’étranger ou sans une participation effective des Congolais eux-mêmes à travers un cadre consensuel.Ils rappellent, à ce titre, leur soutien à la résolution H. RES. 559 du Congrès américain, qui appelle au respect de la Constitution congolaise, à la limitation des mandats et à la tenue d’un dialogue national inclusif, piloté par la CENCO et l’ECC.Un soutien affirmé aux ÉglisesContraints à l’exil pour certains, marginalisés pour d’autres, les opposants réaffirment leur soutien sans réserve au processus de dialogue proposé par les Églises. Ils le considèrent comme le seul cadre légitime et équilibré, car représentatif des forces politiques et sociales, avec un agenda ouvert permettant d’aborder toutes les questions, sans tabous, dans l’intérêt supérieur du pays.

Un avertissement adressé au pouvoir

Les leaders de l’opposition insistent sur la responsabilité du pouvoir dans l’aggravation de la crise actuelle. À leurs yeux, la source profonde de l’instabilité reste l’illégitimité du régime Tshisekedi et sa gouvernance jugée calamiteuse. Pour eux, vouloir définir seul les conditions du dialogue, c’est refuser la solution et confirmer la dérive autoritaire du pouvoir en place.Ils préviennent : si le régime empêche le dialogue religieux – comparé à des pompiers – d’éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé, il devra en répondre devant l’histoire.Dans un contexte d’impasse politique, les voix de l’opposition convergent vers un même point : la médiation religieuse est la seule issue crédible. La consultation nationale initiée par le régime et les accords externes sont rejetés en bloc. Ce que demandent les opposants, c’est un dialogue vrai, inclusif, impartial, porté par les valeurs de justice, d’écoute mutuelle et de respect de la souveraineté populaire. Une volonté de redonner la parole au peuple, et non de la confisquer.

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