La scène judiciaire congolaise continue de susciter l’incompréhension et la critique. De plus en plus de citoyens et d’observateurs dénoncent des procès tenus sans la présence des accusés, où seuls les accusateurs et les avocats occupent le devant de la scène, entraînant des dépenses importantes pour l’État sans réel aboutissement judiciaire.
Dans une situation qualifiée de « procès à vide », les débats sont ouverts, les avocats rémunérés, les audiences se multiplient, mais l’accusé principal est absent. Une mise en scène judiciaire qui, selon certains, ne sert qu’à justifier des dépenses sur le dos du contribuable, sans impact réel sur la justice ou la lutte contre l’impunité.
Des voix critiques s’élèvent pour dénoncer ce qui semble être devenu une pratique courante dans la République démocratique du Congo, où la profession d’avocat, au lieu d’être un pilier de justice, devient selon certains un canal pour drainer les fonds publics, souvent au détriment des priorités nationales telles que les infrastructures, la santé ou l’éducation.
L’un des exemples les plus récents et frappants est celui du procès de Corneille Naanga et ses coaccusés, visés par des poursuites judiciaires et condamnés par la justice, mais qui, selon des informations relayées, n’étaient même pas présents aux audiences. Paradoxalement, ces mêmes personnes seraient actuellement engagées dans des pourparlers à Doha, suscitant l’indignation d’une partie de l’opinion publique. La condamnation, bien que prononcée, reste sans effet, et l’argent investi pour le procès semble avoir été englouti sans impact concret.
Cette situation soulève une question de fond : la justice congolaise est-elle en train de devenir un théâtre coûteux, plus préoccupé par les formes que par les résultats ? Et surtout, à qui profite réellement ce simulacre judiciaire ?
Face à ces interrogations, nombreux sont ceux qui appellent à une réforme en profondeur du système judiciaire pour mettre fin aux procès de façade et restaurer la crédibilité de la justice en RDC.
Meschack ESIYA LOFAKA
